Rodins des Bois 2018

Un jour dans le Limousin, la démolition d’une maison m’a confronté à un tas de pierres, leur beauté simple leur dureté, les formes qu’elles évoquaient, ont provoqué une véritable seconde naissance.

Voilà maintenant plus de 35 ans que je sculpte –mes cailloux- et c’est bien à travers eux que je me révèle le mieux, même si la peinture est toujours au centre de mon travail

Aimanté par la pierre d’origine, je pressens au premier coup d’œil la forme qu’elle va prendre. Cependant peut-être par respect, je la laisse parler, je me laisse habiter par elle. Il me faut toujours un certain temps de gestation avant de prendre mes outils. Bien souvent dans l’urgence comme si ma vie en dépendait, débute alors le combat avec la matière émanant de mes entrailles. Il me demande force et énergie libérant cette violence qui nous habite tous.

Mes mains elles savent où elles veulent aller ; elles ont de la mémoire, et je ne cherche guère à intellectualiser chaque geste. Le mieux est ennemi du bien. Face à toutes les émotions qui m’assaillent, j’ai besoin d’éprouver une résistance. La dureté de la pierre se confronte alors, à ma propre perméabilité à la douleur, mais aussi à la beauté du monde. Véritable exutoire, la pierre me permet d’évacuer bine souvent un trop-plein d’émotions. Ce « caillou » longuement scruté va alors prendre la forme d’un cri, d’un visage, d’un baiser, d’une graine, d’une fécondité, ou encore, d’un homme debout. C’est comme un enfantement que je vis dans le doute, la souffrance et la joie. Je joue avec les aspérités, les couleurs, le failles et la dorme générale.

Dans mes sculptures je travaille la double face de l’humain : notre part d’ombre et de lumière, de force et de vulnérabilité. Je voudrais mes sculptures empreintes de sérénité, porteuses de spiritualités, jusqu’à les rendre presque vivantes, qu’elles montrent cette autre part de nous-mêmes, fragile et blessée, si souvent ignorée ou négligée

Pierre Chalon

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Œevres exposées du 12 au 15 juilliet à Lascaux